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Titre du blog : groupe depeche mode des année 80 a nos jours
Auteur : depechemode60100
Date de création : 09-02-2009
 
posté le 09-02-2009 à 16:12:29

 

 

 

 

 

Ultra. 1 - Barrel Of A Gun. 02 - The Love Thieves. 03 - Home. 04 - It's No Good. 05 - Uselink. 06 - Useless. 07 - Sister Of Night. 08 - Jazz Thieves. 09 - Freestate. 10 - The Bottom Line. 11 - Insight. 12 - Junior Painkiller.

Les impôts et l'ISF étant ce qu'ils sont, il fallait se remettre au travail pour payer son dernier tiers. En 96, Depeche Mode revient en studio pour enregistrer un nouvel album. Enfin, Depeche Mode... Plutôt ce qu'il en reste! A ce moment là, le groupe semblait bien mal en point. Déjà, le fameux quatuor n'est plus qu'un trio. Et oui! Epuisé par les concerts et les excès de la précédente tournée, et surtout par le manque de reconnaissance des autres membres du groupe, Alan Wilder claqua la porte pour se consacrer à ses propres projets, à savoir Recoil. On murmure également d'énormes dissensions entre lui et Fletch mais aussi du fait qu'on lui laissait bien peu de marche de manœuvre, Gore décidant pour tout le monde de la direction des chansons entre deux cuites. Après tout, c'était les siennes aussi. Il dira par la suite que Alan voulait tout contrôler à la fin et qu'il s'en est allé péteusement, laissant à sa femme le soin de dire aux trois autres membres qu'il partait parce qu'il n'avait pas le courage de le dire en face. Ah les règlements de comptes...
Martin dut se sentir quand même un peu emmerdé avec ce départ dès les premiers jours d'enregistrement. La vie était belle avant. Il amenait ses démos, qu’on lui demandait de plus en plus dépouillées afin que tout le monde puisse bâtir le reste, donnait les idées générales et quelques directives, et Alan se chargeait du travail en studio avec le producteur pendant que Gore allait se soûler la gueule à la boîte du coin. Terminée la belle vie! Bon, c'est embêtant, mais pas dramatique. Y'en a d'autres des bêtes de studio. Par contre, quand le chanteur commence lui aussi à manquer à l'appel, alors là, ça se complique. En ce début 96, Dave Gahan est toujours le même que pendant la tournée de 93 à 94, à savoir une seringue humaine. Son appart de Los Angeles est squatté par des dealers et autres parasites se prétendant ses amis. Sa femme aussi est accro à la lessive. Tous deux se shootent à l'héroïne additionnée de coke (cocktail appelé dans le jargon des junkies un "speedball"; c'est avec ça que John Belushi est mort en 1982...) vu que les deux drogues prisent séparément ne leur font plus rien. Tout va bien quoi...
Gore se demandait, au moment des débuts de l'enregistrement d'Ultra, en voyant dans quel état lamentable était Gahan, à quoi bon continuer.
C'est terrible à dire mais l'overdose de Gahan durant l'été 96 (il fut déclaré cliniquement mort pendant deux minutes...) fut nécessaire au groupe pour se reprendre en main. Il fallait un électrochoc. A ce niveau, c'est presque digne de la chaise électrique comme dans le clip In Your Room... Une fois remis, il décrocha, non sans mal, remis de l'ordre dans sa vie et dans sa tête et se demanda si tout ça n'était pas un rêve. La leçon porta ses fruits. Terminé le look Jésus super star du rock avec les cheveux longs et la barbichette. Seuls ses énormes tatouages sur la poitrine et le dos témoignent encore de ses excès passés. C'est un Gahan presque repenti et avide de se faire pardonner auprès du groupe qui débarqua en studio. Le travail pouvait enfin reprendre.
Ultra est un album spécial, celui de la sortie du purgatoire. J'acquis le disque en 98, un an après sa sortie. Après la déception de Songs Of Faith And Devotion, Depeche Mode me gonflait et je ne voulais presque plus en entendre parler. Mais les atomes crochus perdurent... Dans les clips que je voyais tard le soir sur M6, il me fallait bien reconnaître que Barrel Of The Gun et It's No Good me bottaient salement! Ultra tire les leçons de Songs Of Faith And Devotion. Mettre Tim Simenon de Bomb The Bass aux commandes de la production de l'album fut une riche idée, il avait déjà signé des remix dance de chansons live pour le 101 du groupe. Une performance.
La chanson et surtout le clip de Barrel Of A Gun illustrent très bien les différents remous sérieux qu'a connu le groupe. La musique est totalement torturée, presque instable, une sorte de crise de manque atroce. Quant au clip, il nous montre un Gahan déboussolé, paumé. Avec les yeux ouverts peints sur ses paupières, il semble nous dire: "Je voyais mais j'étais aveugle!". Au fait, le coup du manteau avec les lampes électriques dedans, Pink Floyd l'avait déjà fait sur la pochette de leur (horripilant) live Delicate Sound Of Thunder en 1989...
Tout l'album est une sorte de labyrinthe souterrain, on s'y perd très vite pour notre plus grand bonheur. Les jeux de pistes sont nombreux et les pièges également. Martin chante un Home bourré d'émotions. Uselink donne l'occasion à papa Miller de ressortir un vieux synthé de la guerre pour jouer la mélodie de cet instrumental, comme pour prouver à ses "enfants" qu'il était toujours là à ce moment où ils étaient si fragiles. Sister Of Night se révèle un titre fait pour la scène, pour faire passer un moment de paix et de tranquillité désespérante. The Bottom Line laisse Gore et sa voix caverneuse nous transporter dans une chambre froide en attendant la mise en bière.
Ultra renoue avec le vrai Depeche Mode: électronique, cynique et sombre comme on l'aime. Mêmes les clips seront excellents. It's No Good introduit le comique avec un Gahan qui n'a même pas besoin de se forcer pour incarner un chanteur ringard vu que son jeu de scène, encore actuel, est très proche de ça car trop poussé et donc caricatural...
Ultra me redonna confiance dans le groupe et probablement en lui-même!