VEF Blog

Titre du blog : groupe depeche mode des année 80 a nos jours
Auteur : depechemode60100
Date de création : 09-02-2009
 
posté le 09-02-2009 à 15:45:25

Album depeche mode

 

 

 

 

Construction Time Again. 01 - Love In Itself. 02 - More Than A Party. 03 - Pipeline. 04 - Everything Counts. 05 - Two Minute Warning. 06 - Shame. 07 - The Landscape Is Changing. 08 - Told You So. 09 - And Then. 10 - Everything Counts (reprise).

 

 

A Broken Frame n’a pas marché lourd et son style boiteux d’ado dépressif s’est fait éreinté par les journaleux en Angleterre même si les concerts affichent toujours complets. Le fait que le trio soit redevenu quatuor, par l’introduction d’Alan Wilder, recruté par une petite annonce mi 82, ne fait même pas sourciller les journalistes. Pour eux, en cette année 1983, Depeche Mode est un groupe mort et un reflet du passé, ce passé qu’ils portaient aux nues auparavant et qu’ils s’échinent à détruire désormais comme s’ils en avaient honte.
Soyons honnête! Martin Gore a beau s’affirmer en tant que compositeur prolifique, jamais il n’aurait pu sauver Depeche Mode du naufrage sans Alan. Musicien confirmé, ex membre des Hitmen, et bête de studio, il poussera le groupe, avec le producteur Daniel Miller, à s'investir dans le travail en studio, en particulier avec les premiers samplers de l'époque, les fameux Fairlight et autres Synclavier. Construction Time Again sera l’aboutissement de cette modernité acquise tout récemment. Même si l’album se montre parfois trop riches de ces sonorités samplées, comme si Depeche Mode, tels de vrais gosses tout contents de frimer leur copains, avaient voulu nous montrer à tout prix les possibilités de leurs nouveaux jouets, Construction Time Again est l’album du virage. On largue les ritournelles ridicules pour quelque chose de dur et d’industriel. Les Allemands, qui ne se sont jamais vraiment remis de Kraftwerk et ne se sentent plus pisser dès qu'ils entendent un bruit de tôle, feront un triomphe à cet album sidérurgique alors qu’en France et en Angleterre, il sera descendu par la critique. Qu'attendre de journalistes en pleine crise de nostalgie sur leurs années 60 de toute façon?
Les dernières séquelles de leur pop pour puceaux se retrouve dans Love In Itself mais le reste est très mature. More Than A Party file à 100 à l'heure, Pipeline ose le morceau expérimental, métallique au possible et anti pop. Martin continue ses allusions politiques, résultat de la découverte du monde en tournée et qu'il y a toujours plus malheureux que soi. Alan signe deux chansons, The Landscape Is Changing, complainte écolo assez risible sur le plan des paroles, et Two Minute Warning. Enfin, Everything Counts, qui fermera de nombreux concerts des Mode par la suite, sonne sur le plan du fond comme le digne successeur de Money des Pink Floyd 10 ans après. Le spectre du retour à la vie civile s'éloigne, Depeche Mode respire, même si ce sont pour l'instant des vapeurs de métal en fusion. Le meilleur est à venir.
Notons pour finir le léger lien entre la pochette de A Broken Frame avec la paysanne russe à la faucille et celle de Construction Time Again avec son ouvrier au marteau...